que les sciences humaines (sociologie, lettres, histoire, etc.). L’un consiste à analyser, dans une perspective le plus souvent comparatiste et internationale, les conceptions d’acteurs éducatifs à propos des sciences et des positionnements entre sciences et croyances religieuses. Les questions, servant de support à ces projets, sont choisies par les élèves en concertation avec le professeur. L’origine de l’univers. Conviction intime, concernant l'existence d'un être, la réalité d'une situation, la probabilité d'un évènement. RASI H. (2003) : « La foi, la raison et le chrétien cultivé », Dialogue, n° 15(3), p. 5-9. 30Concrètement, les élèves doivent réaliser un « projet » consistant à examiner une question à partir de deux référentiels différents, à choisir parmi ceux proposés, afin de faire ressortir la spécificité de chacun d’eux. 3Dans cet article, nous commencerons par exposer différents positionnements théoriquement possibles entre sciences et croyances religieuses. Ils tendent à montrer que ces élèves, tous croyants, sont arrivés à prendre du recul par rapport à leurs croyances (en évitant de leur donner le statut de discours absolu et totalisant) et à mieux distinguer différents registres de discours. Cette troisième piste permet ainsi aux élèves d’envisager plusieurs options possibles et de les argumenter. La question de l'existence humaine: Croyance, vérité et espérance dans l'oeuvre de Hermann Hesse: Kassegne, Yao Elee: Amazon.com.au: Books 4 Ce modèle a été construit en articulant une démarche de type déductif, qui a consisté à définir des catégories conceptuelles abstraites à partir de deux critères généraux (la prééminence ou l’absence de prééminence entre sciences et croyances religieuses, la recherche ou non d’une forme de complémentarité entre les deux), à une démarche inductive, qui a consisté à analyser un grand nombre de prises de position différentes issues de contextes historiques et culturels variés (à partir d’ouvrages historiques, d’enquêtes de terrain, etc.). 2) N'y a-t-il de savoir que scientifique ? La croyance repose sur une insuffisance de preuve et conduit à affirmer quelque chose dont nous ne sommes pas certains. 2 0 obj Des élèves qui se sentiraient dévalorisés, voire discriminés au sein de l’école ou de la société pourraient, en retour, rejeter des contenus scolaires qu’ils jugeraient menaçants pour leur identité. C’est l’occasion aussi de souligner et de valoriser, auprès des élèves, l’apport de différentes cultures au développement de la science12. » Cela amène le zoologiste spécialiste de l’évolution à refuser, par exemple, des débats en public avec des créationnistes. Page 1 sur 35 P.DORNE- DAAC Grenoble Compétences : Distinguer une croyance ou une idée d’un savoir scientifique - Comprendre l’évolution d’un savoir scientifique Objectif : A partir des documents suivants accompagnés d’aides à l’exploitation par les élèves et de compléments pédagogiques pour les enseignants, définir les caractéristiques d’une théorie scientifique. On constate néanmoins que ce facteur n’a qu’un effet limité. Ce processus de construction du savoir de croyance … », Azzedine : « L’homme peut prétendre détenir la vérité s’il admet qu’elle est vraie pour lui mais qu’il n’essaie pas de l’imposer aux autres. Sur la base de celle-ci, quelques pistes d’action sur le plan pédagogique et didactique sont suggérées, afin d’amener les élèves à mieux différencier science et religion et à éviter toute forme d’instrumentalisation de l’une par l’autre. est un savoir car elle est issue d'un corpus d'astronomie dûment validé par la communauté scientifique. Il s’agit, par exemple, d’associer les jours du récit de la Genèse aux différentes ères géologiques ou encore l’image de montagnes se déplaçant (évoquées dans un verset du Coran) et la tectonique des plaques. Il s’appuie sur l’analyse de faits extraits de la réalité complexe ou produits au cours d’expériences. 32Ajoutons également que les questions d’attitudes à l’égard de la science et/ou des religions ne dépendent pas que de facteurs strictement rationnels, mais aussi émotionnels et affectifs. 22Quatrième constat : la probabilité, pour les élèves croyants, d’adopter une conception sécularisée de la science tend à être plus élevée s’ils attribuent aux Écritures sacrées le statut de « récit symbolique et/ou mythique » plutôt que celui de « récit réaliste » : 30 % contre 8 % chez les musulmans, 33 % contre 12 % chez les protestants et 66 % contre 36 % chez les catholiques. Pour moi, il n’y a pas de vérité absolue, puisqu’elle est constamment mise à l’épreuve du temps, de l’expérience, de l’évolution du monde. Elle serait plus qu'une ignorance et moins qu'un savoir, comme un centre entre deux points diagonalement opposés. • science, scientifique, jadis : scient (au sens de “savant”) et le tour figé à bon escient. Elle est, de nos jours, au centre de maintes recherches scientifiques. Les deux manières de croire — l'opinion et la conviction — impliquent une décision de liberté, alors que l'élaboration du savoir repose sur la vérificabilité de ses résultats. Type de positionnements possibles entre sciences et croyances religieuses4. la science est une connaissance; une connaissance est d'abord une croyance, ensuite il faut que cette croyance soit vraie et qu'elle soit justifiée. comparée Fable : la forme de la Terre Introduction Le savoir et la croyance, en leur sens le plus large, ont un point commun : chacun prétend délivrer une vérité. Ce document a été mis à jour le 22/03/2011 Quelques pistes de réflexion sur le plan pédagogique et didactique, http://journals.openedition.org/ries/docannexe/image/6146/img-1.png, Colloque 2019 : Conditions de réussite des réformes en éducation. Colloque : L’éducation en Asie en 2014 : Quels enjeux mondiaux ? La proportion d’élèves attribuant à celles-ci le statut de « récit réaliste »10 (plutôt que « symbolique » et/ou « mythique ») est de 74 % chez les élèves musulmans, 57 % chez les protestants et 20 % chez catholiques. « Le mode de légitimation d’une croyance religieuse ne repose absolument pas sur sa remise en cause permanente et rationnelle, comme le fait le savoir scientifique. Celui-ci est le fruit d’une conquête de plusieurs siècles de la part de savants tant croyants que non croyants. 12(6) Le principe d’autonomie de la démarche scientifique à l’égard des croyances religieuses, sans recherche de complémentarité entre science et religion. Dans le domaine des sciences expérimentales et exactes, une proposition n’est scientifique que s’il est possible de la confirmer ou de la réfuter rationnellement. �0��D搢 �w�[���D�^:���V��ً��Dt�"��ݘSb��;�A"-^4�0>�*�Cc��z̧Y�1�ԉцH�̬�h'�� �z�OG�B�|LJ�EX���W~���1����{t��1����� ��(��3� zO���ǰŃ�����$�A�d �g�������-t>�������ݟ$�e(��s�����|��O�_��$=~|�.�� (dir. À partir de celui-ci, un état des lieux a été esquissé en Belgique francophone auprès d’un échantillon de 1 400 élèves de terminale. Il repose sur le postulat de travail suivant : dans la démarche scientifique, la nature s’explique par la nature (et non par le livre de la Parole). Les élèves musulmans et protestants ont été volontairement surreprésentés afin de rendre possible des comparaisons. À cette perception classique des rapports entre science et croyance s’oppose toutefois une perception plus problématique qui montre que la science fait elle-même l’objet de croyances, au sens où les hypothèses qu’elle pose sont crédibles et engagent des convictions profondes quant aux représentations que les individus se font du monde. On se questionnera sur le rapport des croyances à la vérité, sur les croyances radicales, ou encore sur ce que les scientifiques "croient savoir". 5 Il est important de préciser qu’aucune question ne portait sur la théorie de l’évolution, afin d’examiner les conceptions sécularisées ou non sécularisées de la science chez ces élèves, en dehors de ce sujet spécifique. Revoir la vidéo en replay Les chemins de la foi Science et religion : croire et savoir sur France 2, émission du 22-11-2020. Par opposition au savoir rationnel et à la certitude objective. Einstein et Dieu : un scientifique peut-il ... aux aspects formels d’une croyance. 14(8) La critique rationaliste, de forme scientiste, où la science est conçue comme un registre de pensée totalisant et excluant par rapport à d’autres, notamment religieux (cas extrême : les persécutions développées par le régime de l’ex URSS à l’égard des religions, ainsi qu’à l’égard de la pensée scientifique non conforme à celle de Lyssenko). 15La figure suivante permet de mieux visualiser ces différentes conceptions, ainsi que les critères distinctifs sous-jacents. %���� 11Cette idée, déjà énoncée par Galilée, a été reprise notamment par S. Gould (2000) sous l’acronyme « Noma » (non overlapping magisteria). Comprendre la nature du savoir scientifique et ses méthodes d’élaboration Le savoir scientifique résulte d’une construction rationnelle. À cette fin, un cadre d’analyse permettant de mieux comprendre les positionnements possibles entre sciences et croyances religieuses a été proposé. Enquête réalisée auprès d’élèves de terminale en Belgique francophone », Revue de didactique des sciences religieuses, n° 2, p. 14-29. Les objectifs sont de mettre en commun des réflexions et des contenus qui abordent un aspect du sujet et d’accompagner les professionnels de la médiation dans l’appropriation de ceux-ci. 10 Expliquant réellement et matériellement l’origine de l’univers et l’origine de l’homme. La croyance religieuse et la vérité scientifiques semblent donc incohérentes. La réflexion de Einstein part d. La connaissance serait une croyance vraie justifiée : Reformulation en termes de conditions nécessaires : croyance : au sens (1), adhésion, assentiment à un contenu de pensée, une proposition. On peut remarquer aussi, chez les élèves agnostiques ou athées, qu’une conception sécularisée de la science ne va pas automatiquement de soi, en particulier dans la filière technique-professionnelle, où ce taux est de 65 % contre 84 % et 93 % dans les filières générales9. Il s’agit là, en effet, d’un enjeu fondamental, tant sur le plan épistémologique et sociétal qu’éducatif, dans la mesure où il importe de garantir à la fois la liberté de conscience et de croyance de chacun et chacune et la nécessaire autonomie du registre explicatif scientifique à l’égard des croyances religieuses. », Éducation et Sociétés, n° 33, p. 113-136. vrai », qui intériorise le savoir et en même temps le souhaite partagé, bien que, dans ce cas, il ne soit pas vérifiable, autre différence avec le savoir de connaissance, même si parfois il est bien difficile de faire le départ entre les deux. Pour caractériser une conception de la science de « sécularisée », deux indicateurs ont été définis : le rejet des conceptions fidéistes et concordistes (sous forme classique et inversée) et l’adhésion à l’idée d’autonomie de la science à l’égard des croyances religieuses. La grille de lecture présentée au point 2, comme outil de recherche, peut dès lors assez aisément être adaptée en outil de formation. <>/Font<>/ProcSet[/PDF/Text/ImageB/ImageC/ImageI] >>/MediaBox[ 0 0 960 540] /Contents 4 0 R/Group<>/Tabs/S/StructParents 0>> Histoire de l'autorité : l'assignation des énoncés culturels et la généalogie de la croyance. «On ne peut pas crée… Chez les élèves catholiques, un effet statistiquement significatif8 de la filière générale d’études peut être observé, avec un taux de 41 % en technique professionnelle contre 67 % et 74 % dans les filières générales, mais qui doit être interprété avec prudence, compte tenu en particulier des niveaux d’étude sensiblement différents des parents entre ces filières. José-Luis Wolfs, « La concurrence entre savoirs scientifiques et croyances religieuses à l’école », Revue internationale d’éducation de Sèvres, 77 | 2018, 103-112. Utilisation de la mélatonine : avis d’experts. Elle concerne aussi bien les sciences dures (mathématiques, physique-chimie, biologie, etc.) Il s’appuie sur l’analyse de faits extraits de la réalité complexe ou produits au cours d’expériences. POLY-perspective: Il arrive aussi que nous disions « Je crois » pour exprimer, précisément, un… Les croyances, elles, font l’objet d’un sentiment de vérité, mais ne sont pas démontrables » [Ministère de l’Éducation nationale, Vadémécum « La laïcité à l’école », 2018, p. 34]. This article examines the conflicts that may exist between science and religious beliefs at school. La croyance est le processus mental expérimenté par une personne qui adhère à une thèse ou une hypothèse, de façon quelle les considère comme vérité, indépendamment des faits, ou de l'absence de faits, confirmant ou infirmant cette thèse ou cette hypothèse. Ces questions portent en effet sur les « causes ultimes », elles ne sont pas « réfutables » (au sens de Popper), etc. Si bien que les philosophes définissent généralement le savoir comme la croyance en des choses vraies : dans l’ensemble des choses crues, il … 3 0 obj 8(3) Le concordisme dit « inversé » : celui-ci vise à établir des concordances entre sciences et croyances religieuses (ou plus largement métaphysiques), en partant non pas des Écritures ou d’une tradition révélée, comme dans le cas du concordisme classique, mais d’une démarche qui se présente comme « scientifique ». On this basis, it suggests a few avenues for action on the pedagogical and didactic levels, so as to lead students to better differentiate science and religion and avoid any form of instrumentalization of one by the other. 31Les témoignages d’élèves recueillis en fin d’année à propos de ce projet sont plutôt encourageants, en particulier dans le contexte actuel, où différentes formes d’extrémisme ou de fondamentalisme sont présentes. 5Il comprend sept idéaux-types contrastés, dont quatre conduisent à des situations de conflit, de confusion ou d’amalgame entre science et religions et trois, au contraire, à une délimitation de leurs régimes respectifs et à différents modes de cohabitation. Autour de Christian de Cacqueray, quatre invités sur le ... tout en vivant une grande unité entre leurs connaissances et leur croyance. Ce document a … Ainsi, chez les élèves musulmans, la proportion d’élèves ayant une conception sécularisée de la science est très faible dans les trois filières d’études (8 %, 16 % et 14 %). Il se distingue d’une croyance ou d’une opinion. 1 0 obj Cependant, des expériences menées par l’Inserm ont été faites sur le cerveau de moines bouddhistes, à la recherche, dans la boîte crânienne d’une racine spirituelle au cœur de la complexité des neurones, entre émotion et transcendance. LAMBERT D. (1999) : Sciences et théologie. », Nono : « Finalement, il existe une grande différence entre la croyance et le savoir, l’un et l’autre occupent leur domaine propre.